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Sierra Nicole Kinsora

photo Pascal Fayeton
FRANÇAIS
Artiste interdisciplinaire travaillant à la croisée de la vidéo, de la photographie et de la performance.
Nationalité États-unienne. Résidant en France depuis 2016.
Née 1993.
BIOGRAPHIE
Sierra Kinsora est une artiste américaine basée en France, travaillant à la croisée de la vidéo, photographie et performance. Formée initialement au ballet, sa pratique scénique connaît un tournant radical en 2013 lorsqu’elle découvre le butô à Seattle, dans l’État de Washington. Trois ans plus tard, elle s’installe à Paris afin d’étendre son travail de performance au cinéma.
Elle obtient une licence en cinéma à l’EICAR à Paris en 2019, où elle reçoit des prix de meilleure photographie et d’excellence. La même année, elle cofonde la compagnie de danse butô Infradanse avec Tudi Deligne. Son premier film en tant que réalisatrice, Styx (2020), est présenté dans plusieurs festivals européens, et son second film, The Bead and the Furrows (2024), est projeté au festival EVIV en France ainsi qu’au RAM Festival en Italie. Parallèlement à son travail cinématographique, elle se produit régulièrement dans des expositions d’art en France et à l’international.
Kinsora conçoit ses films comme des films de danse au-delà de la chorégraphie, en se concentrant plutôt sur la relation entre le corps et la nature, la lenteur du passage du temps, les états oniriques et la généalogie du mythe. Sa pratique scénique nourrit profondément son travail cinématographique et en constitue sans doute la définition la plus juste : ces œuvres sont, au fond, des films de butô.
DÉMARCHE
Je suis attirée par ce qui existe en dessous du seuil de la forme : l’instinct, la sensation, le tremblement des viscères. Je travaille à retarder le sens en transformant des actions quotidiennes en scènes viscérales et oniriques qui résistent à toute classification. Au cœur de mon travail réside la nature fragile et subtile de l’organique.
Tout commence par une écoute profonde. Qu’il s’agisse de préparer une performance ou un film, je passe de longs moments à observer : les couleurs, les textures de la lumière, les matériaux dans l’espace, même les odeurs. L’environnement autour du corps du danseur n’est pas passif ; il est un interlocuteur actif. Où le corps s’arrête-t-il et où l’espace commence-t-il ?
Je pars d’actions quotidiennes minimales — m’asseoir, marcher, rester debout — pour réduire le bruit et trouver le silence dans le corps. La simplicité permet une écoute plus profonde. Au fur et à mesure que le corps répond à son environnement, ces actions se décomposent progressivement. Leur sens se brouille, et les images qui émergent résistent à toute classification. Lorsque le spectateur commence à traduire intellectuellement ce qu’il voit, le sens se dissout, et il doit recommencer. Mon souhait est de créer une boucle continue d’écoute et d’observation, où la perception elle-même devient une pratique.
Pour retarder le sens, je travaille à miner ma propre intention, afin que quelque chose de plus essentiel puisse surgir : un désir viscéral, une question physique, un fragment de mémoire émergeant de l’intérieur. Dès que je saisis ma propre narration, elle est déjà devenue une idée. J’essaie de rester sur le précipice entre guider le travail et me laisser guider par lui. Je ne m’attache ni au sens ni au concept, mais aux images. La poésie est mon seul guide.
Après 25 ans en tant que danseuse, le corps est au centre de ma pratique. Je cherche à déconstruire le corps social pour atteindre quelque chose de plus profond : que reste-t-il lorsque nous lâchons notre identité ? Le corps persiste comme matière, comme temps vécu, comme mémoire archivale. Mon objectif est de plonger dans le subconscient, de dépasser la compréhension pour atteindre une réaction plus viscérale — des moments où le temps s’arrête et la perception bascule, proches de la réalité des mythes et des rêves.
Dans cet état amplifié, je cherche à construire un pont entre la performeuse et l’observateur, à la fois tangible et insaisissable. Le public est attiré par ses propres cinq sens, entrant en contact direct avec le monde intérieur du danseur. Le battement du cœur, le souffle, le regard et l’attention de la performeuse ne sont pas seulement visibles — ils sont contagieux.
La neuroscience offre un écho poétique à ce processus : les neurones miroirs s’activent non seulement lorsque nous bougeons, mais aussi lorsque nous observons un mouvement. Ces voies permettent aux spectateurs de résonner physiquement et émotionnellement avec ce qu’ils voient. Je cherche à activer doucement cette empathie incarnée, invitant le système nerveux des spectateurs à dialoguer avec le mien.
Sierra Nicole Kinsora
EDUCATION ARTISTIQUE
2019 : BFA in Cinematography : l'EICAR
2013-2019 : Butô : Maison du butô blanc. Réveillon.
2011-2012 : Danse classique : Cie Lines Ballet. San Francisco Californie, Etats-Unis.
2009-2011 : Danse classique : UNCSA. Caroline du Nord, Etats-Unis.
2008-2009 : Danse classique : École de danse classique Princesse Grace. Monaco.
1999-2008 : Danse classique et contemporaine : Nevada Ballet Theatre. Las Vegas, Etats-Unis.
PRIX
Honorable Mention : ND Photo Awards 2022
Best Cinematography : Nine Grams of Lead - EICAR 2019
Outstanding Achievement : EICAR 2019
Nancy Houssels Scholarship : Nevada Ballet Theater 2007
PUBLICATIONS
Surface Gallery : Hatching Faery - "Bloom" 2021
Moving Body Festival : A Praia - Festival 2021
EXPOSITIONS
Festival Traverse Video, Toulouse, performance Barbie : 2026
SALO Salon du dessin érotique, Paris, performance Barbie : 2025
Vidéodanse de Bourgogne, La Perle et les Sillons : 2025
SALO Salon du dessin érotique, Paris : 2024
Musicophotographie : Photographie Mon Amour 2024
Create! Magazine : "Alchemy Exhibition" 2023
Festival Hommage de Masaki Iwana, Réveillon, Styx et performance Barbie : 2023
Tranas at the Fringe, 2021 : Styx
Vidéodanse de Bourgogne, 2021 : Styx
ENGLISH
Multidisciplinary artist working in video, photography and performance.
American, based in France since 2016.
Born 1993.
BIOGRAPHY
Sierra Kinsora is an American artist based in France, working in moving image, photo, and performance. Trained initially in ballet, her stage practice underwent a radical shift in 2013 after discovering butoh in Seattle, Washington. Three years later, she moved to Paris to expand her performance work into films.
She earned a BA in Cinema from EICAR in Paris in 2019, receiving awards for Best Cinematography and Outstanding Achievement. That same year, she co-founded the butoh dance company Infradanse with Tudi Deligne. Her directorial debut, Styx (2020), screened at several European film festivals, and her second film, The Bead and the Furrows (2024), was shown at France’s EVIV Festival and Italy’s RAM Festival. Alongside her film work, she performs regularly in art exhibitions in France and abroad.
Kinsora conceives her films as dance films beyond choreography, focusing instead on the relationship between the body and nature, the slow passage of time, dream states, and the genealogy of myth. Her stage practice strongly informs her filmmaking and offers perhaps the clearest way to define it: these works are, in essence, butoh films.
ARTISTIC STATEMENT
I am drawn to what exists below the threshold of form: instinct, sensation, the tremor of the viscera. I work to delay meaning by transforming everyday actions into visceral, dreamlike scenes that resist classification. At its heart lies the fragile, subtle nature of the organic.
Everything begins with profound listening. Whether preparing a performance or film, I spend long periods in observation : attending to colors, textures of light, materials in the space, even smells. The environment around the dancer’s body is not passive, but an active interlocuteur. Where does the body end and the space begin?
I start with minimal everyday actions—sitting, walking, standing—to reduce noise and find silence in the body. Simplicity allows deeper listening. As the body responds to its surroundings, these actions gradually break down. Their meaning blurs, and the images that emerge resist classification. When viewers begin to intellectually translate what they see, meaning dissolves, and they must begin again. My hope is to create a continuous loop of listening and observation, where perception itself becomes a practice.
To delay meaning, I work to undermine my own intention, allowing something more essential to surface: a visceral desire, a physical question, a fragment of memory emerging from within. The moment I grasp my own narrative, it has already become an idea. I try to stay on the precipice between guiding the work and letting the work guide me. I attach myself not to meaning or concept, but to images. Poetry is my only guide.
After 25 years as a dancer, the body is central to my practice. I am drawn to breaking down the social body to reach something deeper: what remains when we let go of identity? The body persists as material, as lived time, as archival memory. My aim is to dive into the subconscious, to move beyond understanding toward visceral reaction—toward moments where time stops and perception shifts, close to the reality of myths and dreams.
Through this heightened state, I seek to build a bridge between performer and observer that is both tangible and elusive. The audience is drawn in through their own five senses, entering in direct contact with the dancer’s inner world. The heartbeat, breath, gaze, and attention of the performer are not just visible—they are contagious.
Through this heightened state, I seek to build a bridge between performer and observer that is both tangible and elusive. The audience enters through the senses, encountering the dancer’s inner world directly. Heartbeat, breath, gaze, and attention are not just visible—they are contagious. Neuroscience offers a poetic reflection: mirror neurons fire not only when we move, but when we witness movement. These pathways allow viewers to resonate physically and emotionally with what they see. I aim to gently activate this embodied empathy, inviting the nervous systems of spectators into dialogue with my own.
Sierra Nicole Kinsora
ARTISTIC EDUCATION
2019 : BFA in Cinematography : l'EICAR
2013-2019 : Butô : Maison du butô blanc. Réveillon.
2011-2012 : Ballet : Cie Lines Ballet. San Francisco Californie, Etats-Unis.
2009-2011 : Ballet : UNCSA. Caroline du Nord, Etats-Unis.
2008-2009 : Ballet : École de danse classique Princesse Grace. Monaco.
1999-2008 : Ballet : Nevada Ballet Theatre. Las Vegas, Etats-Unis.
PRIX
Honorable Mention : ND Photo Awards 2022
Best Cinematography : Nine Grams of Lead - EICAR 2019
Outstanding Achievement : EICAR 2019
Nancy Houssels Scholarship : Nevada Ballet Theater 2007
PUBLICATIONS
Surface Gallery : Hatching Faery - "Bloom" 2021
Moving Body Festival : A Praia - Festival 2021
EXPOSITIONS
Festival Traverse Video, Toulouse, performance Barbie : 2026
SALO Salon du dessin érotique, Paris, performance Barbie : 2025
Vidéodanse de Bourgogne, La Perle et les Sillons : 2025
SALO Salon du dessin érotique, Paris : 2024
Musicophotographie : Photographie Mon Amour 2024
Create! Magazine : "Alchemy Exhibition" 2023
Festival Hommage de Masaki Iwana, Réveillon, Styx et performance Barbie : 2023
Tranas at the Fringe, 2021 : Styx
Vidéodanse de Bourgogne, 2021 : Styx